19701059Une soirée au cinéma… « The tree of life », dont les critiques tantôt enflammées, tantôt ricanantes nous avaient intrigués…

Un film sensible, intense, une longue prière en images, lumineuses… Un questionnement, qui prend racine aux origines de la vie, une quête ambitieuse qui tente de démêler les notions de bien ou de mal, ou plus exactement la voie « entre la grâce qui ne cherche pas son profit » et la « nature qui ne cherche que son profit ».

En séquences successives, il y a la vie d’un jeune garçon entre un père rigide et obsédé par son rêve de réussite et désireux d’assister à celle de ses enfants et une mère pleine d’amour et de grâce, qui ne touche pas toujours terre. Il y a cette ambivalence lors de la naissance de ses jeunes frères, la responsabilité de choisir entre la confiance et la destruction, les scènes de vie quotidienne et leurs refrains en clair obscur, la beauté de la lumière à travers les arbres et le ciel, comme une porte ouverte vers l’immensité.

Il y a la souffrance de la perte de l’un des enfants, le déclic qui ouvre le flot de questionnement mystique « Tu m’as parlé à travers elle, à travers le ciel et les arbres, avant que je sache que tu existais. Quand t’es-tu penché sur mon âme ? ».

Il y a le mystère des origines et du sens de la vie ; il y a l’éternel questionnement sur le destin, à grand renfort d’images mêlant la nature et les couleurs, bidouillées à l’acide ; il y a la scène d’acceptation du deuil, comme une grand messe new âge, et l’entrecroisement de personnages vêtus de blanc, nus pied sur la plage aux reflets d’acier. Il y a la force de l’amour, de la terre et de la nature, jusqu’aux buildings de verre et de béton comme autant de refuges face au sens de la vie…

Il y a des chemins laissés ouverts aux spectateurs, des plongeons au centre de la terre et des allégories lyriques et célestes… 

Il y a tout ce que je n’ai pas compris, des rêves, des images saturées d’ombres et de lumière qui m’ont portée ou qui m’ont fait sourire, lâchée… un film sublime et différent, qui ne laissera pas la place au consensus général. Un film à vivre : à chacun d’entre nous d’y expérimenter ses sensations !

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