J’ai passé des années de ma jeunesse accrochée avec passion à la barre d’un studio de danse classique, répétant inlassablement les mêmes gestes, dans une obsession de perfection, quelque chose même de transcendant je crois…

J’ai pensé en faire mon métier, en projetant de rejoindre les rangs de la Royal Academy of London… et puis une déchirure ligamentaire au genou est venue modifier mes projets, le cours de ma vie…

Quand j’ai vu ce film à l’affiche, j’ai eu envie d’aller le voir et j’ai profité lâchement d’une soirée foot pour m’y rendre en solo imaginant un peu un énième film désuet sur fond de tutus et de jolies ballerines, dans les odeurs de collophane…

J’en suis sortie profondément troublée et depuis, ce film me trotte dans la tête…

L’histoire d’une ballerine, obsédée de perfection, douce et timide, vampirisée par sa mère, incarne parfaitement le rôle du cygne blanc pour le tout nouveau projet de ballet… Un chorégraphe, profondément manipulateur, en fait la victime idéale en lui révélant le cygne noir qu’il pressent chez elle…

Sauf que Aronofsky nous embarque dans une violente schizophrénie anxiogène et dérangeante, un voyage dans les névroses de Nina, quelque part entre réalité et intériorité…

Une prestation époustouflante de Nathalie Portman, somptueuse pour un film à part, un thriller psychologique haletant, un grand choc artistique comme émotif…