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J’aime ces films en demi teinte, ceux qui vous racontent un bout d’histoire, par petites touches, différents angles de vue, avec sensibilité, subtilité... Les ombres planent, un ex-mari revenu pour officialiser le divorce, le fantôme d’une femme plongée dans le coma, un enfant à naitre... incompréhension, culpabilité,  les chemins de l’avenir se floutent, chacun tentant de faire au mieux avec ce qu’il est, à la fois innocent et responsable, maître de son propre point de vue, sa vision du monde, sa vérité et son destin.

Il y a ce souci du décor, comme ce passé qui colle aux corps et aux coeurs, cette pluie presque incessante qui enlise les personnages, le décor saturé d’objets de la maison familiale, les peintures des murs, écaillées de passé et d’usure à qui l’on tente tant bien que mal de donner une nouvelle jeunesse, le train qui passe tout à coté, comme cette mère et sa fille, et l’amour, tout au cœur du film.Il y a cette scène fabuleuse entre un père et son fils, échoués dans la lumière crue d’un quai de métro et ces terribles questions sans réponse...

Le film est terriblement vivant, grave aussi, jamais lourd, étrange funambule sur le fil des sentiments, servi par une jolie kyrielle d’acteurs (lumineuse Bérénice Bejo !) fabuleux.

Joli moment de cinéma, vraiment !