991_547546_186942Envie de me détendre hier soir, et quoi de mieux qu’une bonne toile ? Me voilà donc partie au cinéma de la petite ville d’à coté pour « Des hommes et des dieux ».

C’était parti pour 2h00 d’apnée… Un très beau film qui retrace la vie des moines du monastère de Tibéhirine, avant d’être enlevés puis assassinés dans des circonstances encore obscures par les extrémistes du GIA en 1996.

Ce que montre ce film, c’est le chemin, très humain, de réflexion menée par ces moines pour accepter ce destin dont ils n’ignoraient pas l’issue funeste. La peur, le doute face à sa propre mort ébranle ces hommes qui ne se sentent pas un destin de martyrs et qui envisagent de quitter le pays, lorsque le danger devient trop grand.

Et puis ce cheminement, ce questionnement douloureux, face à la montée implacable de la violence, qui les mène à se confronter à leurs choix, à leur liberté. Ils sont venus vivre au milieu des villageois, partager leur quotidien et leur venir en aide, dans le respect de l’islam, à travers  une existence ritualisée par la réflexion et la prière. C’est cet idéal d’amour et d’humilité qu’ils ont choisi de vivre et qu’ils suivront jusqu’au bout, quelque soit la pression et l’angoisse de la violence. C’est aussi l’histoire d’une communauté, constituée d’individualités, qui choisit, ensemble et librement le chemin de sa propre liberté.

Les chants des moines, la force de leur spiritualité, l’authenticité de leur réflexion et puis, la force de certaines citations n’en font portant pas un film religieux, trop attaché à exprimer les  valeurs humaines, le chancèlement de la foi aussi.  Il y a cette scène  (ou cène), ce dernier repas pris ensemble, dont la dramaturgie est encore soulignée par la musique, «la  mort du cygne », ou l’on sait que le destin est joué, et ou l’on décèle le passage de la peur à l’acceptation ;  le moment du film qui fait pleurer et rire à la fois… et puis cette scène finale, ou martyres et bourreaux s’effacent dans la brume.

 Un film puissant, une mise en scène sobre, des acteurs investis (Lambert Wilson et Michael Lonsdale, excellents), des images sublimes…

Bon, pour la détente et la sérénité, ce n’était pas le film idéal ! j'aurais bien eu besoin d'un petit remontant je crois...


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