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Cela faisait plusieurs jours que nous avions projeté de visiter  l’exposition installée à Barbizon, à l’occasion du 150ème anniversaire du célèbre tableau  « L’Angélus » de Jean-François Millet.  Une centaine d’artistes contemporains  se sont exprimés autour de ce tableau, avec leur propre écriture, leur sensibilité et leur vision du monde.

L’angélus résonne dans les plaines de Chailly-en-Bière, celles qui jouxtent la forêt de Fontainebleau et le village de Barbizon.  Au loin, la silhouette d’une église se détache sur ces champs à l’infini. Dans la lumière déclinante, un couple se recueille, le regard baissé, les épaules lourdes, et pourtant il y a en eux  la grâce, la force d’une prière, de ce moment de réalité, cet instant du quotidien partagé.

Je me suis souvent demandé ce que ressentaient ces personnages, quelle pouvait être leur part de légèreté,  si forts, si fragiles à la fois, liés par la prière dans cette lumière et cette lenteur, un secret, un remords, un enfant absent peut être, et le poids des générations mises en terre. Il y a aussi cette acceptation de la vie, le désir de l’affronter dans sa réalité, quelque soient ses aspérités et le poids des douleurs…

Salvador Dali a longtemps été obsédé par cette œuvre, et par l’enfant mort qu’il voyait aux pieds de ce couple, par les phantasmes qu’elle lui inspirait et le sens qu’il lui donnait.

Ce tableau parle à chacun de nous, à chacune de nos vies, à nos quotidiens, à tout ce que nous gardons au plus profond de nous, qui nous porte et nous écrase aussi, la grâce de l’instant, la magie du tableau si souvent détourné.

Alors je me suis laissé aller à la poésie de ce moment, guidée par les chemins que tracent les artistes, tragiques, lumineux, pieux, drôles, rocambolesques, leur symboliques et leur expressions artistiques. J’ai souri, parfois détesté ou rien compris et j’ai aimé…

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