La guerre du texto
Je ne m'y ferai pas... mais parfois, je reçois de mes chers petits des textos à l'orthographe aussi surprenante que compliquée... Je conçois que l'on puisse écrire phonétiquement sur un texto, à la limite, c'est créatif... mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Sans être une pourfendeuse absolue de l'orthographe, il y a tout de même des moments ou on ne comprend rien à ce qu'ils racontent, c'est dommage, non ?
Donc je réponds... et ni vu ni connu, je corrige... (ne pas perdre une occasion d'éduquer ces petits sauvageons en utilisant des outils modernes !)
Alors ce matin, ça donnait :
Il a répondu...
J'ai failli lui répondre :
di 8 km... ta 2 bon grol ?
Mais j'ai eu peur qu'il me le renvoie corrigé !
Vive l'école !
Je crois que la secrétaire de la vie scolaire du lycée de mon fils est amoureuse de moi... Je dis ça au vu des messages qu'elle m'envoie régulièrement... pour me signaler l'absence de mon cher petit à l'appel de la classe.
Le cher ange, âgé tout de même de 18 ans, a un problème de "rapport au réel le matin quand il se lève". Je m'explique... il entend son réveil sonner, il l'éteint, puisqu'il est réveillé ! et il se rendort voluptueusement, un sourire de bien être aux lèvres... Quand il revient à la réalité, malmené par les cris d'orfraie de sa mère : il a loupé son bus ! La magie du taxi maternel n'a plus qu'à opérer et il arrive en retard. N'écoutant que son courage, il se glisse en douce devant le bureau de la vie scolaire, ni vu ni connu, je t'embrouille...
Il ne reste plus qu'à attendre l'appel de la charmante Josiane m'informant de l'absence du cher petit que j'ai pourtant déposé au lycée avec force grognements une heure auparavant. On assiste ensuite à un ballet de textos enjoignant le dit absent d'aller se présenter fissa au bureau de la vie scolaire !
Une nouvelle stratégie a été mise en place en début de semaine : portable + réveil sur le bureau + sirène maternelle + pas de sortie du week-end en cas de réveil foiré... Vous le croirez si vous voulez, cette fois ci, c'est le bus qui ne passait plus à cause de la neige et du verglas !
Misère ! je crois que les éléments se liguent contre la scolarité de ce cher petit !
Jeux de mains, jeux de vilains
Charlotte est allée passer quelques jours à Londres, où elle a vécu pendant 3 ans. Elle est rentrée le sac plein de petites merveilles, du thé, du vernis, des savons Lusch, des coupons de Liberty, de sublimes chaussures improbables venues tout droit du pays des merveilles...
Ses frères lui avaient aussi demandé des "Choc bar", une sorte de barre biscuitée, un truc au gras et au chocolat vendu chez Pret à Manger, qu'ils affectionnent particulièrement... (même pas eu le temps de les immortaliser !)
Et puis voilà, le moment est arrivé où il ne restait plus qu'un seul "choc bar"... la lutte fut intense,
Retrouvant une miette de dignité et d'éducation, ils ont décidé de se résoudre à un partage équitable... équitable on a dit !
Quelle famille !
Envahie par les geeks...
J'aurais dû me méfier lorsque Timothée m'a demandé de son air le plus angélique si quelques potes pouvaient venir à la maison... Monsieur Zaza est parti dans sa famille pour quelques jours, j'autorise donc un peu les d'jeuns à squatter notre espace... L'erreur, c'était de ne pas demander "combien ?" en même temps, avec Timothée, les copains généralement, c'est plutôt du petit comité...
J'avais peine dit oui, que la porte d'entrée s'ouvrait sur une bande de solides gaillards, équipés de lunettes rondes, de sacs pique nique pleins de frites de chez Mac Machin et de gros ordinateurs portables, débordant de fils, pour transformer le salon en local d'écoute téléphonique de l'ex RDA... (rien à voir vous me direz ? c'est que vous n'avez pas vu à quoi ressemble mon salon ! j'ose même pas faire une photo, ils sont beaucoup plus costauds que moi !)
Bref, j'ai honteusement reculé devant l'ennemi. Je me suis tout de même faufilée en douce dans la cuisine pour prélever une part de crumble aux spéculoos (j'avais vu ça chez elle) avec un yaourt en guise de diner et je me suis réfugiée dans mon lit...
A l'heure où je vous parle, ils échangent en langage codé à voix haute (je ne comprends fichtre rien à ce qu'ils disent) et s'interpellent en riant fort... m'en fous, j'ai mis mes chaussettes sexy, je tiens précieusement deux armes fatales dans mes mains... et une pelote de laine.
L'affaire est néanmoins grave, souhaitez-moi bonne nuit !
Drôle de vie
« - Qu’est
ce qu’on mange ?
- du confit
de canard.
- A
oui ? Mais qu’est ce qu’on a fait de bien ? »
Rien,
absolument rien. Le confit de canard, c’est juste parce que c’est la seule boite
de nourriture toute faite qu’il reste dans le placard et que, faire encore
cuire des pâtes pour nourrir les affreux, je n’en peux plus…
Joli jardin,
travaux d’aiguilles, petits plats de légumes frais, enfants délicieux… on voit
ça partout dans les blogs sauf qu’ici, la réalité est plus torve.
Puisqu’en ce
moment, je ne travaille pas, je vis au quotidien avec trois de mes chers ados,
geeks de belle envergure. A moi le ménage, le repassage (cela ne les dérange
pas vraiment de vivre dans un taudis qui sent le fauve et de porter des
vêtements que je qualifierais de douteux et pourtant, je ne suis pas maniaque
!) et le taxi… quand j’ai une voiture à ma disposition, certes…
Le pire,
c’est le remplissage éternel du frigo (gruyère râpé, pizza et jambon) et des
placards (pâtes, riz et semoule, gâteaux) qui se vident avec un enchantement
infernal…
Et les
horaires des repas aussi : petit dej à 14h, déjeuner à 17h, gouter à 21h, diner
à… je ne sais pas, je dors depuis longtemps.
Alors j’ai
décidé de frapper fort : soit les geeks se lèvent à l’heure des repas, soit je
mets un cadenas a la porte de la cuisine ! c’est moche? Oui, je sais…
Et quand ils
daignent partager le repas, j’ai trop souvent droit à une moue méfiante
- c’est quoi
?
- y’a
pas de pâtes ? »
Ou alors
c’est :
- Vous
êtes combien à manger là ?
- Douze
! ah quand même ! »
Les autres
années, le mois de juin était assez similaire, il faut l’avouer mais je n’étais
pas là dans la journée pour voir ça, ce qui présentait quelques avantages !
Alors je
tempère… je me dis qu’il faut profiter du moment… que bientôt ils seront partis
vivre leur vie… mais JE CRAAAQUE !
Une pause en
bord de Seine entre copines pendant qu'ils tondent la pelouse... et j'arrête de
râler, c'est promis !
Le Rubis Bar
Il est une
sorte de rituel auquel nous aimons nous plier lorsque nous nous rendons à la
grande ville voisine au marché du dimanche matin : la halte au rubis bar. L’avantage
d’avoir des enfants déjà grands et pas vraiment matinaux, c’est de pouvoir
prendre son temps à la terrasse de ce petit café qui donne directement sur le
marché et de trainer au milieu des paniers emplis de légumes, des effluves du poulet rôti dominical,
d’une moisson de fraises et de cerises, d’un livre parfois ou d’un joli colifichet
pour se faire plaisir. Le Rubis Bar, c’est un peu comme l’horloge de la mission
qui domine le marché. Les habitués se succèdent au fil de la matinée avec une
assez belle régularité et l’on peut presque donner l’heure selon la composition
de la terrasse, hiver comme été ! Notre moment privilégié, c’est plutôt
12h45, à l’heure ou les honnêtes gens rentrent déjeuner en famille, nous nous attardons autour d'un
petit verre de Sancerre, partagé avec des amis et accompagné de crevettes ou d’accras
sortis avec délices du panier à provisions… Aujourd’hui par exception, le temps humide nous avait poussés à l’intérieur
mais le patron nous avait réservé quelques délicieux fromages de chèvre et des gadjos
avaient sorti guitare et violon pour quelques airs de jazz manouche… Délices du dimanche….
Du repos...
Évidement, j’avais à peine quitté la maison pour me rendre à Paris que le lycée cherchait à me joindre : Ambroise était à l’infirmerie avec une douleur à la poitrine, il fallait venir le chercher tout de suite alors j'étais à deux bonnes heures de transport pour rentrer au plus vite… Ma mère s’est dévouée et est allée chercher son petit fils. Je dois reconnaître avoir été passablement agacée par ce contretemps. A peine le dos tourné et il cherchait déjà une bonne excuse pour sécher les cours !
Mais comme la douleur persistait, sa grand-mère l’a accompagné chez le médecin. Puis j’ai reçu un texto d’Ambroise : « je vais faire des radios, je te tiens au courant ». Puis « je suis dans la salle d’attente du pneumologue », et enfin « j’ai un pneumothorax ». Oups ! j’ai enfin daigné quitter mes fromages pour décrocher mon téléphone et en savoir un peu plus (mère indigne !). L’affaire s’avère sans gravité excessive mais voici le chérubin au repos complet en attendant que ses poumons se recollent…
Du repos donc... je le crois assez doué !
15 heures du matin



Il y a quelques années encore, ils étaient cinq à réclamer leurs biberons avant 7 heures du matin ! Les temps ont bien changé ! Aujourd'hui, rapport à l'heure à laquelle ils se sont couchés, alors que l'aube blanchissait le ciel déjà grisaillant (l'un d'entre eux n'est même pas rentré !), impossible de leur faire ouvrir l'oeil avant l'heure (pourtant conciliante) du déjeuner familial. Je pense à attenter un procès à mes parents qui ne m'ont pas imposé l'apprentissage du clairon. J'ai l'air de quoi aujourd'hui à tenter pirouettes et arabesques bringuebalantes pour les réveiller ? A l'heure où j'écris, trois d'entre eux sont réveillés quand au dernier... j'imagine qu'il attend la proximité de la nuit, l'heure ou j'aurai rejoint ma tanière, pour se cuisiner un kilo de spaghettis ! J'imagine aussi les arguments qu'il lui faudra déployer pour tenter de me convaincre de l'utilité toute relative de sa présence au lycée demain matin. Pas de bol, ses quatre aînés ont déjà tout essayé dans le domaine de l'excuse foireuse pour sécher les cours ! Ambroise, demain matin, ton car passe à 7h10 !
L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt : l'Homme a chaussé son pinceau, et Aldo le chien s'interroge...


Pour moi, j'ai surtout envie d'une chaise longue au soleil mais, lui non plus, ne semble pas disposé à se lever... Misère !



























