Entre les Bras
Entre les bras - La Cuisine en héritage Bande annonce du film
Je suis sortie bouleversée d’entre ces Bras là… Cette histoire de cuisine, de chefs et d’étoiles, de mémoire et d’héritage, qui parle d’amour et de passion, de la force de la transmission, de création, de quête d’absolu, une affaire de père et de fils, de valeurs partagées…
Le documentaire nous entraine durant une année, au fil des saisons, dans la célèbre cuisine de Michel Bras, 3 étoiles, à l’heure ou il transmet ses fourneaux et son savoir faire à son fils Sébastien.
Il y a les paysages infinis de l’Aubrac au Japon, les silences de Sébastien Bras qui vous emportent ailleurs, une énergie vitale simple et puissante, une force créatrice.
Il y a l ‘amour du terroir, les herbes, les fleurs…
Il y a la transmission du savoir, la force de les recevoir, Il y a des gouts et des saveurs, une histoire qui se raconte en papilles avec une infinie générosité. Il y a l’amour des choses bien faites, des enfances retrouvées. Il y a l’humilité, la simplicité, l’authenticité…
C’est une histoire d’hommes et de passions, de relais et d’héritages, de celles qui donnent du sens à la vie...
Bref, j’ai aimé !
Intouchables
Un dimanche pluvieux comme prétexte à la fréquentation des salles obscures… Un film choisi par d’autres… je ne sais pas si j’aurais été le voir toute seule.
« Intouchables », voilà un film qui m’aura sorti de ma torpeur dominicale ! Une comédie vraiment bien jouée, qui met en scène un homme riche, cultivé, blanc mais tétraplégique et un pauvre, sorte de caïd raté des banlieues et noir… Le choc des cultures, les bons sentiments, les stéréotypes en tous genres, ce qu’il faut de misère humaine pour un faire un film convenu…
Et puis, on rit… de tout… du handicap, de cette amitié improbable, de ces personnages stéréotypés et attachants, de la pitié, une pincée de bêtise et de méchanceté… la comédie nous emporte, nous amuse, nous fait croire que peut être, un jour, tous les hommes pourraient se tenir par la main… la mayonnaise prend… Le film est fin, drôle, souvent touchant, jamais facile.
On ressort avec un large sourire, comme une OPA du soleil sans un ciel qui déverse des trombes d’eau, comme une cuillère de miel sur un petit beurre…
Je me demande même si le prix de billet ne devrait pas être remboursé par la sécu !
Voyez comme ils dansent...
Quand il fait bien chaud, c’est parfois le moment de se réfugier dans les salles obscures… et quand le film se passe au Canada, qu’and il fait bien froid, c’est encore plus rafraichissant !
« Voyez comme ils dansent » de Claude Miller, faisait parfaitement l’affaire. Une bonnne histoire, des palanquées de flash back, de magnifiques paysages…
L’histoire d’un homme, humoriste célèbre et écrasé de pression, de cynisme aussi, pas mal border line, change de vie brutalement et quitte sa femme, sa vie parisienne pour une autre femme en pays Mohawk. Des années plus tard, à la faveur d’un hasard, les deux femmes se rencontrent, la blonde et la brune que tout oppose, confrontant ainsi les différentes facettes de l’homme qu’elles ont aimé… que sait on réellement de l’autre ? Jusqu’ou est on capable d’une transformation, d’une complète contradiction ? A quel moment se perd on ?
Plutôt un bon film… même si, à mon avis, les incessants retours en arrière nuisent à la poésie et au charme du film…
Il faut avouer qu’en bonne mercière qui se respecte, j’ai flashé sur les tricots de Marina Hands ! Un chouette bonnet tricoté main, un plaid superbe qui fait penser à l’Alpine shrug de Rowan et un col roulé aussi, très sympa… j’ai recherché les modèles… sans succès pour l’instant… même les photos du film qui montrent ces fameux tricots sont compliquées à trouver !
Lève le nez de tes catalogues de tricot Madame Zaza ! quand t’es au cinéma, t’es off !!!
The tree of life
Une soirée au cinéma… « The tree of life », dont les critiques tantôt enflammées, tantôt ricanantes nous avaient intrigués…
Un film sensible, intense, une longue prière en images, lumineuses… Un questionnement, qui prend racine aux origines de la vie, une quête ambitieuse qui tente de démêler les notions de bien ou de mal, ou plus exactement la voie « entre la grâce qui ne cherche pas son profit » et la « nature qui ne cherche que son profit ».
En séquences successives, il y a la vie d’un jeune garçon entre un père rigide et obsédé par son rêve de réussite et désireux d’assister à celle de ses enfants et une mère pleine d’amour et de grâce, qui ne touche pas toujours terre. Il y a cette ambivalence lors de la naissance de ses jeunes frères, la responsabilité de choisir entre la confiance et la destruction, les scènes de vie quotidienne et leurs refrains en clair obscur, la beauté de la lumière à travers les arbres et le ciel, comme une porte ouverte vers l’immensité.
Il y a la souffrance de la perte de l’un des enfants, le déclic qui ouvre le flot de questionnement mystique « Tu m’as parlé à travers elle, à travers le ciel et les arbres, avant que je sache que tu existais. Quand t’es-tu penché sur mon âme ? ».
Il y a le mystère des origines et du sens de la vie ; il y a l’éternel questionnement sur le destin, à grand renfort d’images mêlant la nature et les couleurs, bidouillées à l’acide ; il y a la scène d’acceptation du deuil, comme une grand messe new âge, et l’entrecroisement de personnages vêtus de blanc, nus pied sur la plage aux reflets d’acier. Il y a la force de l’amour, de la terre et de la nature, jusqu’aux buildings de verre et de béton comme autant de refuges face au sens de la vie…
Il y a des chemins laissés ouverts aux spectateurs, des plongeons au centre de la terre et des allégories lyriques et célestes…
Il y a tout ce que je n’ai pas compris, des rêves, des images saturées d’ombres et de lumière qui m’ont portée ou qui m’ont fait sourire, lâchée… un film sublime et différent, qui ne laissera pas la place au consensus général. Un film à vivre : à chacun d’entre nous d’y expérimenter ses sensations !
Black Swan
J’ai passé des années de ma jeunesse accrochée avec passion à la barre d’un studio de danse classique, répétant inlassablement les mêmes gestes, dans une obsession de perfection, quelque chose même de transcendant je crois…
J’ai pensé en faire mon métier, en projetant de rejoindre les rangs de la Royal Academy of London… et puis une déchirure ligamentaire au genou est venue modifier mes projets, le cours de ma vie…
Quand j’ai vu ce film à l’affiche, j’ai eu envie d’aller le voir et j’ai profité lâchement d’une soirée foot pour m’y rendre en solo imaginant un peu un énième film désuet sur fond de tutus et de jolies ballerines, dans les odeurs de collophane…
J’en suis sortie profondément troublée et depuis, ce film me trotte dans la tête…
L’histoire d’une ballerine, obsédée de perfection, douce et timide, vampirisée par sa mère, incarne parfaitement le rôle du cygne blanc pour le tout nouveau projet de ballet… Un chorégraphe, profondément manipulateur, en fait la victime idéale en lui révélant le cygne noir qu’il pressent chez elle…
Sauf que Aronofsky nous embarque dans une violente schizophrénie anxiogène et dérangeante, un voyage dans les névroses de Nina, quelque part entre réalité et intériorité…
Une prestation époustouflante de Nathalie Portman, somptueuse pour un film à part, un thriller psychologique haletant, un grand choc artistique comme émotif…
Au delà...
Un accord pour la vente de la maison, une date fixée pour le compromis, je crois que le vent tourne et que les projets avancent... J'ai encore du mal à y croire...
Alors, pour fêter ça, nous sommes allés au cinéma. Monsieur Zaza voulait aller voir "les chemins de la liberté". Je crois que nous sommes tout de même un peu perturbés, parce qu'on a demandé des tickets pour "Au delà" et que l'on ne s'est aperçus que nous nous étions trompés de film seulement devant le 1er gros plan sur Cécile de France !
J'avais assez envie de voir ce film... l'occasion a donc fait le larron !
Un avis mitigé... Le film est bien construit, les images superbes, Matt Damon et Georges McLaren sont excellents.
Pourtant, il me semble que le film manque un peu de fond, de liant. On peut se féliciter de l'absence de prosélytisme, des scènes amusantes avec des médiums charlatans illuminés... mais on a un peu envie de demander "et alors ?". Je me suis un peu sentie... "au delà" de l'écran que je n'ai pas réussi à traverser...
Quant à Cécile de France... je n'ai pas adhéré... ni sa coupe de cheveux permanentée façon fin des années 70, ni le rôle de cette journaliste parisienne pas très crédible. J'imagine qu'elle incarne la vision américaine de la journaliste française phantasmée par Clint Eastwood, un peu trop stéréotypée pour le public français à mon avis.
Je voulais tout de même souligner "the" scène du film... la dégustation à l'aveugle lors d'un cours de cuisine italienne... torride !
Les émotifs anonymes
Un joli sourire pour éclairer les soirs d’hiver avec cette comédie tendre… Les émotifs anonymes, c’est l’histoire de deux grands timides, submergés par leurs émotions qui se rencontrent autour de l’amertume du cacao, leur passion et leur talent pour le chocolat.
Des personnages touchants et attachants, fragiles et drôles qui connaissent bien leurs failles et tentent de les vaincre. Angélique chante une petite chanson pour se donner du courage devant chaque obstacle, Jean René avoue à son psy que son père souhaitait, à chaque début d’année « surtout qu’il ne nous arrive rien ! » et lui demande des petits exercices pour apprendre à vivre : toucher quelqu’un, donner quelque chose…
Pas facile de se rencontrer, de s’aimer, de poursuivre sa route quand l’émotion prend toute la place et puis vous paralyse…
Benoit Poelvoorde et Isabelle Carré sont juste délicieux, charmants à souhait, évoluant avec complicité dans un décor subtilement suranné, évitant la mièvrerie avec délectation…
Une jolie fable sentimentale qui ne révolutionnera pas l’histoire du cinéma, mais qui apporte ce qu’il faut de douceur dans ces premiers jours de janvier.
Des hommes et des dieux - Xavier Beauvois
Envie de me
détendre hier soir, et quoi de mieux qu’une bonne toile ? Me voilà donc
partie au cinéma de la petite ville d’à coté pour « Des hommes et des dieux ».
C’était parti pour 2h00 d’apnée… Un très beau film qui retrace la vie des moines du monastère de Tibéhirine, avant d’être enlevés puis assassinés dans des circonstances encore obscures par les extrémistes du GIA en 1996.
Ce que montre ce film, c’est le chemin, très humain, de réflexion menée par ces moines pour accepter ce destin dont ils n’ignoraient pas l’issue funeste. La peur, le doute face à sa propre mort ébranle ces hommes qui ne se sentent pas un destin de martyrs et qui envisagent de quitter le pays, lorsque le danger devient trop grand.
Et puis ce cheminement, ce questionnement douloureux, face à la montée implacable de la violence, qui les mène à se confronter à leurs choix, à leur liberté. Ils sont venus vivre au milieu des villageois, partager leur quotidien et leur venir en aide, dans le respect de l’islam, à travers une existence ritualisée par la réflexion et la prière. C’est cet idéal d’amour et d’humilité qu’ils ont choisi de vivre et qu’ils suivront jusqu’au bout, quelque soit la pression et l’angoisse de la violence. C’est aussi l’histoire d’une communauté, constituée d’individualités, qui choisit, ensemble et librement le chemin de sa propre liberté.
Les chants des moines, la force de leur spiritualité, l’authenticité de leur réflexion et puis, la force de certaines citations n’en font portant pas un film religieux, trop attaché à exprimer les valeurs humaines, le chancèlement de la foi aussi. Il y a cette scène (ou cène), ce dernier repas pris ensemble, dont la dramaturgie est encore soulignée par la musique, «la mort du cygne », ou l’on sait que le destin est joué, et ou l’on décèle le passage de la peur à l’acceptation ; le moment du film qui fait pleurer et rire à la fois… et puis cette scène finale, ou martyres et bourreaux s’effacent dans la brume.
Un film puissant, une mise en scène sobre, des acteurs investis (Lambert Wilson et Michael Lonsdale, excellents), des images sublimes…
Bon, pour la détente et la sérénité, ce n’était pas le film idéal ! j'aurais bien eu besoin d'un petit remontant je crois...












